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Le blog de latelier.rouge.over-blog.com

LA MATIERE ET LE GESTE (matière 2)

29 Août 2017, 15:14pm

Publié par latelier.rouge.over-blog.com

« Je préfère clouer la toile non tendue au sol. J’ai besoin de la résistance d’une surface dure. Sur le sol je suis plus à mon aise. Je me sens plus près, je me sens plus une partie du tableau, car comme cela je peux en faire le tour, travailler des quatre côtés et être littéralement dans le tableau. » Jackson Pollock

 

Dans les « dripping » de Pollock ; il y a la dureté du sol contre la liquidité de la matière,  l’outil – ici le bâton - est suspendu en l’air, un geste spatial ; la trace qui s’inscrit est celle de la « matière peinture », ligne représentative de la danse improvisée par le peintre. La ligne varie dans son épaisseur, sa texture, sa direction selon le geste de l’artiste, sa vitesse, son ampleur dans l’espace, la tension avec laquelle il tient le bâton. Le rendu plastique peut ainsi aller de la tâche, à la ligne, la coulure ou une succession de gouttes.

« Quand je suis dans mon tableau, je ne suis pas conscient de ce que je fais » dit Pollock lors d’un entretien.

Pollock décrit ici un état de conscience lié à l’étape du « faire », de l’expérience et de la sensation, où son corps en surplombant la toile en fait partie. Le travail s’effectue au sol, l’orientation haut/bas d’un « tableau de chevalet » réapparaît seulement quand le peintre hisse sa toile à la verticale. Alors le mouvement physique passe le relais au mouvement psychique. Le peintre sort de l’œuvre en train de se faire, se pose à distance pour la regarder, la penser, faire des choix.

Dans les écrits sur Pollock, l’acte est décrit tour à tour comme danse, combat, action convulsive du corps. Un travail qui renvoie au corps en mouvement du peintre. L’expression de Pollock  passe par cette amplitude du geste.

 

Au-delà des critères directement liés aux Arts Plastiques (techniques, matières, expérience artistique…) et quelque soit le niveau de la pratique, il y a geste. Chacun travaille avec son corps et les mouvements qui lui sont propres. Assis ou debout, installé devant une table ou un chevalet, surplombant le support ou lui faisant face, la posture, le rythme respiratoire, la tension musculaire conditionnent les gestes. Associés à ces facteurs, entrent en jeu également, l’état émotionnel, les capacités de concentration et de prise de distance vis à vis de son travail. Quelque soit l’amplitude du geste, du plus petit au plus grand, le corps participe à l’acte de peindre, de dessiner, de graver, de modeler…..

 

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